03 octobre 2006

Chez Robin Hunzinger


Je connais Robin à travers le site de la revue des Ressources et deux visites, l´une à Tübingen il y a quelques années, l´autre au printemps dans les Vosges. Après des années parisiennes, le voici de retour dans son pays natal, ni alsacien ni vraiment vosgien, au pied du col du Bonhomme. C´est là qu´il travaille, dans la montagne, à ses documentaires, dont le tout nouveau, « Où sont nos amoureuses… », qui passera en février sur France 3, et dont j´ai pu voir une version pas tout à fait achevée sur le plan montage.


Histoire familiale étonnante, celle de la grand-mère maternelle, narrée par la mère de Robin qui a travaillé avec lui sur ce projet. On y découvre Emma et Thérèse, étudiante dans les années 30, jeunes professeurs de province, qu´unit une relation amoureuse et intellectuelle. Emma, affamée de vie, multipliant les expériences amoureuses, Thérèse, plus effacée, mais radicale sur le plan politique, engagée dans le soutien aux Républicains espagnoles. Entre elles ou avec elles, Karl, un Juif marxiste qui leur montrera dès le début des années 30 le vrai visage de Hitler. Mais Emma se marie et épouse un Alsacien, ce qui conduira à la rupture avec Thèrèse. Cette dernière s´engagera dans la résistance et deviendra chef d´un réseau en Bretagne avant d´être arrêtée par la Gestapo et torturée à mort, sans avoir livré les noms de ses camarades. Emma, elle, mère de plusieurs enfants, devra vivre aux côtés d´un homme membre du parti nazi, livrée à lui par amour.

Quand il m´avait rendu visite au printemps, Robin venait de faire la découverte… Sur une photo de famille, un petit insigne sur la veste du grand-père, agrandi au scanner, les deux S ignorés de la famille, effacés peut-être de la mémoire. De photo en photo, il a ainsi fait de ces individus oubliés (à Thérèse, l´une des rares femmes engagées à ce niveau dans la Résistance, il n´a jamais été rendu hommage par les historiens) des personnages « romanesques », des « destins » aurait dit Malraux.


1 Comments:

Anonymous Florence Trocmé said...

Merci pour cette histoire très émouvante. Et pour ce portrait indirect de Robin, un de ces noms que je croise surle net sans pouvoir un visage dessus. Ce blog est une très belle idée.

24/11/06 13:36  

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